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Paradoxe de la flèche du temps DANS LA PENSÉE JUIVE

20 Juillet 2017 , Rédigé par Jechaiaou Perlenrel Publié dans #Réflexion, #etude bible et talmud, #Sciences

Paradoxe de La flèche du temps

dans la pensée juive

Si vous avez lu l’article scientifique sur le paradoxe de la flèche du temps, peut-être avez-vous compris grosso modo qu’il y a une tension sur la question de savoir si le temps s’écoule dans une direction déterminée, d’un début vers une fin, comme il nous apparait à notre échelle macroscopique globale (qu’on appellera ici l’échelle du כלל  KLAL) ou si le temps peut être inversé comme c’est le cas  à l’échelle microscopique des éléments individuels (échelle du פרט PRAT) .

Mon intention ici est juste de montrer que parfois, des outils d’analyse scientifique peuvent jeter un regard nouveau sur des concepts fondamentaux de la pensée juive.

Le sens de l’histoire pour le KLAL Israël

Quels sont les « a priori » du judaïsme qui fondent le discours juif ?

 Du postulat du Dieu Un découle un projet de société, (sinon pourquoi avoir créé le monde et pourquoi avoir dévoilé Sa Loi : la Thora ?) et la perspective du monothéisme est l'Histoire. La thora commence par un début : בראשית Berechit, et la finalité de ce projet de société est le Messianisme.

 Il y a bien là une flèche du temps mais de plus, ce temps de l’histoire contient une expansion entropique de la progression du projet divin.

Le KLAL Israël, le peuple juif, par les modalités de l'Alliance qu’il a contracté – respect des préceptes, circoncision, rituel de la Pâque… - s’est engagé à une adhésion à un système de valeurs éthiques prônant la supériorité d'un ordre culturel - ordre de la Loi, la Thora - sur l'ordre naturel - les lois du déterminisme de la nature-.

Le point de vue macroscopique prime sur le microscopique.

 Il y a un sens d’évolution vers le Messianisme, qui est rééquilibrage du monde par la Justice, telle qu'elle est préconisée par la loi juive, la Thora, et les prophètes. L’histoire avance  comme la revanche de la culture sur la nature et la condition de la réalisation de l'Histoire, c'est, face à la violence inscrite dans le monde, l'établissement du dialogue, instrument de l'instauration de la paix universelle.

Il est essentiel, pour que ce projet aboutisse, que le judaïsme perdure, donc que soit assurée la succession des générations - le mot histoire se dit en hébreu תולדות  toledot, ce qui signifie les générations. Ces générations, perfectibles grâce à la Loi, doivent atteindre un niveau culturel qui permette la réalisation des temps messianiques : l'Histoire est mutation de l'Humanité.

Pour le judaïsme, l'histoire du KLAL Israël, c’est-à-dire du peuple juif considéré dans son ensemble,  est orientée : elle a un sens, qui est la réalisation du projet divin défini dans le Pentateuque.

La teshuva,- le retour-, ou la réversibilité du temps pour le prat Israël - l’individu -  

La techouva (תשובה, « retour » ou « repentir ») est le processus de repentance dans le judaïsme, tant dans la Bible hébraïque que dans la littérature rabbinique. Conformément à la pratique juive, une faute, une erreur, un acte interdit, peuvent être réparés sous réserve d'engager une démarche de techouva.

Il est évident que nous sommes là à l’échelle microscopique individuelle.

Le juif en tant qu’individu possède le libre arbitre, il peut donc choisir à chaque instant de participer au projet divin, donne au KLAL Israël, et donc d’avancer dans sa pratique des préceptes, dans son étude, dans la perfection de ses qualités individuelles, ou au contraire reculer, régresser, commettre des fautes, des actes interdits. De telle sorte que, en regardant l’individu agir on ne saurait dire quel est le sens du temps messianique.

Mais surtout la Thora a mis à notre disposition le processus de la TECHOUVA –du retour- . Le comportement du repentir ne fait pas partie de la pensée naturelle, (j’entends par pensée naturelle la perception du monde que peut avoir le commun des mortels en examinant les choses à son échelle). La techouva n’est ni innée, ni acquise par la culture ambiante habituelle, elle est introduite dans la conscience de l’homme par la révélation prophétique.

 Car le temps pour la pensée naturelle est connu comme irréversible.

Sans révélation prophétique, la notion de retour dans le temps est impensable pour celui dont la conscience fonctionne d’après les normes naturelles.

La Techouva implique toute une conception du temps où il est possible de revenir en arrière pour faire le Tikoun la réparation d’un dévoiement - d’avoir dévier du droit chemin-. C’est d’ailleurs une image que j’emprunte à Maïmonide : la voie droite – derekh hayechara. La faute consiste à dévier de la voie pour faire demi-tour. Et le Tikoun est la possibilité  de pouvoir revenir en arrière  – lachouv- dans le temps de la conscience au point temporel où il y a eu ce dévoiement pour pouvoir reprendre la voie droite.

Il faut avoir assimilé une perception du temps réversible, comme par exemple celle qu’observent quotidiennement les physiciens dans leur analyse microscopique de la matière, pour mieux comprendre comment contrairement à notre pensée naturelle, il est possible de revenir dans le temps.

Mais cette notion de retour n’est pas seulement géographique ; comme nous l’avons vu, le sens de l’histoire, le derekh hayechara, apporte de la valeur ajoutée, une espèce d’expansion entropique.

Alors il n’est pas étonnant que pour certains le repentir soit difficilement concevable qualitativement. C’est le cas du prophète Jonas -  Yonah ben Amitaï : étymologiquement son nom se rattache au mot de Emet-Vérité. S’il s’agit d’un prophète qui prophétise au nom de la vérité absolue, il ne peut admettre que le repentir soit possible. C’est pourquoi lorsque Dieu lui demande de prophétiser à Nivive pour exhorter sa population au repentir il refuse. La notion de repentir entre en collision avec une conception de la justice du point de vue Emet absolu, ce serait trop facile…  Il y a une faute et il suffirait du repentir pour être pardonner ?

Le Dieu de la justice absolue ( qui régit le KLAL) ne peut pas admettre le repentir, qui lui est l’attribut du Dieu de la miséricorde (maitre de la providence individuelle – hachgakha pratit -) .

Dans le Talmud au traité  Yoma (86 b) Reich lakich affirme :

והאמר ריש לקיש גדולה תשובה שזדונות נעשות לו כזכיות

 

« Le repentir (par amour) est une grande chose car il transforme la faute en mérite

 

Quel enseignement remarquable ! La techouva n’est pas seulement l’occasion de revenir en arrière afin d’avoir une deuxième chance. Ce n’est donc pas qu’une rédemption, c’est beaucoup plus que cela, il s’agit d’une réversibilité qualitative. On transforme la néguentropie en entropie ! Le repentir effectué par amour renverse le sens du chemin, ce que nous avons parcouru à reculons est transformé en points bonus kilomètres sur la voie droite - le derekh hayechara-..

 

Cette tension traditionnelle dans la pensée juive entre le KLAL et le PRAT, entre l’idéal et la réalité, entre la Justice et la Miséricorde, me semble trouver une conciliation harmonieuse avec cette triple compréhension de la notion de Techouva car

  • Le but de la techouva est qu’elle soit réalisée par TOUS les individus afin de permettre le déroulement de l’Histoire par l’avènement pour le Klal Israël de l’ère messianique.
  • Mais la thora a été donnée aux individus, au PRAT Israël, et à ce niveau-là, le temps est réversible, le retour est permis.

Enfin nous avons compris que ces deux démarches s’unissent dans la sphère de l’harmonie, de la beauté et de l’intégration qu’on appelle TIFERETH avec cette réversibilité qualitative de la notion de Techouva qui est le Repentir (avec un grand R) par AMOUR,...

mais en sommes nous  capable ?        

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L’illusion de la flèche du temps

18 Juillet 2017 , Rédigé par Jechaiaou Perlenrel Publié dans #Sciences, #Réflexion

L’illusion de la flèche du temps

L’illusion de la flèche du temps

 

L’écoulement permanent du temps, qui a tant inspiré poètes et philosophes est-il une fatalité ? Et d’abord le temps s’écoule-t-il toujours dans la même direction ? Peut-on toujours reconnaitre le début et la fin d’un évènement ou serait-il possible de les inverser ? Est-il envisageable qu’un œuf cassé se reconstitute spontanément ?

Nous appellerons « paradoxe de la flèche du temps » le problème de la réversibilité des lois de la physique. L’expression flèche du temps a été inventé par le physicien anglais Arthur Eddington pour traduire l’expérience quotidienne que nous avons de l’écoulement du temps. Le temps en effet nous semble s’écouler inexorablement, créant la sensation que nous nous trouvons dans un présent fugitif, point de rupture entre un passé révolu et un futur incertain encore à venir.

La Physique est la science de la matière, à l’échelle humaine mais aussi à l’échelle de l’infiniment petit et de l’infiniment grand, elle s’intéresse à la matière en tant que telle, mais surtout à son évolution dans le temps et dans l’espace.

Les lois microscopiques et les lois macroscopiques

On pourrait classer en fait les lois de la physique en deux catégories.

Celles qui sont fondamentales, en ce sens qu’elles rendent compte des comportements de base de la matière, et devraient théoriquement TOUT expliquer,  on les qualifie de lois microscopiques, car elles concernent essentiellement les briques élémentaires de la matière, atomes et particules élémentaires a partir desquels tout l’univers est construit.

Et puis il y a les lois moins fondamentales, mais souvent plus directement accessibles, qui résument un comportement plus global de la matière. On qualifie ces dernières lois de macroscopiques car elles décrivent des évènements qui se situent proche de l’échelle humaine.

En théorie les lois macroscopiques devraient découler des lois microscopiques, puisque un comportement global n’est jamais que la somme d’un  grand nombre d’évènement élémentaires.

Dans la pratique il n’en est rien, déjà Lucrèce (partisan de la théorie atomiste) disait que ce n’est pas parce que nous sourions qu’il y a des atomes de sourire ! L’agrégation des comportements élémentaires se révèle beaucoup trop compliquée pour que l’on doute que même les ordinateurs les plus puissants puissent un jour la mener à bien.  C’est pourquoi les lois macroscopiques et microscopiques ont été établies séparément.

 

la réversibilité

la réversibilité

Les lois microscopiques sont réversibles

L'idée floue de flèche du temps laisse alors place au concept scientifique d'irréversibilité.

Si changer le sens du temps est impossible dans la réalité, « renverser le temps » présente en physique une signification précise : c'est une opération mathématique qui consiste à changer le signe de la variable temps (t › –t) dans les équations qui régissent l'évolution du processus considéré.

Si ces équations restent inchangées, le processus considéré est réversible, car rien n'interdit en principe au processus inverse, où temps final et initial sont échangés, de se produire.

Par exemple, le mouvement des planètes et des satellites, ou l'oscillation d'un pendule sans frottement sont réversibles ; leurs lois ne changent pas dans un échange (virtuel) entre passé et avenir.

Mais surtout à l’échelle atomique, l’une des propriétés des équations qui régissent le comportement des particules élémentaires est l'invariance par renversement du temps. La physique et la chimie à l'échelle atomique sont donc réversibles : rien n'y serait changé si l'on échangeait passé et futur. Autrement dit, si l’on filme un évènement microscopique, et que l’on passe le film à l’envers, en inversant le sens chronologique, aucun spectateur ne pourra s’en rendre compte, même si c’est un grand physicien.

Alors d’où vient l’irréversibilité du monde ?

C’est le paradoxe de la flèche du temps

A notre échelle, l’expérience de l’irréversibilité des phénomènes, encore appelée « flèche du temps », est quotidienne. On sait que l’on peut briser un pain mais pas le recoller. On peut mélanger deux gaz mais pas les séparer. On peut vieillir mais on ne peut pas rajeunir….

Pour répondre à cette question il faut se tourner principalement vers  la thermodynamique, la science de l’énergie.

La flèche du temps thermodynamique est le sens donné au temps par la loi de l'entropie. Cette dernière dispose que le niveau d'entropie d'un système fermé doit nécessairement toujours augmenter.

Par conséquent, il suffit de mesurer le niveau d'entropie d'un système fermé à deux instants différents pour savoir lequel précède l'autre. Si cette mesure est répétée à chaque instant, il apparait une suite infinie d'états orienté dans une seule direction, c'est ce qui créé le sens du temps.

 

Ludwig Boltzmann

Ludwig Boltzmann

Ludwig Boltzmann a tenté d'expliquer comment des phénomènes réversibles par rapport au temps à l'échelle microscopique peuvent conduire à une flèche du temps évidente à l'échelle macroscopique.

Pour cela, il a développé la physique statistique, où les probabilités jouent un rôle très important.

L’entropie rend compte statistiquement du nombre de configurations microscopiques pouvant réaliser un état macroscopique donné.

Essayez de répartir 10 boules dans deux boites, et comptez de combien de façons différentes vous pouvez procéder selon que vous voulez réaliser un système ordonné : toutes les boules dans une seule boite, (une seule façon de faire) ou un système désordonné aléatoire  par exemple 6 boules dans une boite et 4 boules dans l’autre (le calcul montre qu’il y a alors 360 façons de faire). Et n'oubliez pas que dans un seul millilitre de gaz il y a des milliards de milliards de milliards de molécules !

 

L’illusion de la flèche du temps

Vous comprendrez que plus l’entropie du système est élevée, moins ses éléments sont ordonnés et plus il est probable d’obtenir cet état. Les systèmes fermés n’évoluant qu’en augmentant leur entropie, plus un événement est improbable, plus il peut être relié à un passé ordonné. Inversement, plus il est probable, plus il peut être relié à un futur désordonné.

En fait donc l’irréversibilité n’est qu’une réalité statistique propre aux systèmes contenant un grand nombre de particules.

Si tout le monde sait que lorsque je lâche un verre, il tombe et se brise en mille morceaux, le scenario inverse des mille morceaux qui reconstituent un verre lui-même remontant jusque dans ma main n’est pas impossible, mais on ne le constate jamais dans la réalité car il est hautement improbable !

Selon l’interprétation de Boltzmann, la « réalité réelle » est réversible, et l’irréversibilité n’est qu’une illusion statistique. Ainsi le moyen physique que nous avions trouvé pour distinguer le véritable écoulement du temps de son inverse, à savoir l’accroissement de l’entropie, n’est qu’une constatation de ce qui a le plus de chance de se produire.

Il faut en conclure qu’en général pour les physiciens, la réalité quotidienne est plus illusoire que la réalité réelle microscopique.

Nous aurons probablement d’autres occasions de revenir sur ce point.

L’illusion de la flèche du temps
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LA CIRCONCISION vue par Michel de MONTAIGNE en 1581

16 Juillet 2017 , Rédigé par Jechaiaou Perlenrel Publié dans #Réflexion, #etude bible et talmud

Connaissez-vous  ce texte de Montaigne  décrivant dans le détail une circoncision à laquelle il a assisté lors d’un voyage en Italie?

C’est un témoignage très intéressant confirmant la fidélité des juifs à leurs pratiques et coutumes religieuses

Michel de Montaigne. 
Journal de voyage ... en Italie 
avec des notes par M. de Querlon, 1774
Montaigne assiste à une circoncision

Rome
Le trentième [de janvier 1581], il fut voir la plus ancienne cérémonie de religion qui soit parmi les hommes. et la considéra fort attentivement et avec grande commodité: c'est la circoncision des Juifs.

Ca c'est pas à Rome, c'est  en Hollande! Tableau de Picart.Elle se fait aux maisons privées, en la chambre du logis de l'enfant la plus commode et la plus claire. Là où il fut, parce que le logis était incommode, la cérémonie se fit à l'entrée de la porte. Ils donnent aux enfants un parrain et une marraine, comme nous: le père nomme l'enfant. Ils les circoncisent le huitième jour de sa naissance. Le parrain s'assit sur une table, et met un oreiller sur son giron: la marraine lui porte là l'enfant, et puis s'en va.

L'enfant est enveloppé à notre mode; le parrain le développe par le bas, et lors les assistants, et celui qui doit faire l'opération, commencent trestous (a) à chanter, et accompagner de chansons toute cette action qui dure un petit quart d'heure. Le ministre peut être autre que rabbi (b), et quiconque ce soit d'entre eux, chacun désire être appelé à cet office, parce qu'ils tiennent que c'est une grande bénédiction d'y être souvent employé: voire ils achètent d'y être conviés, offrent, qui un vêtement, qui quelque autre commodité à l'enfant. et tiennent que celui qui en a circoncis jusqu'à certain nombre qu'ils savent, étant mort, a ce privilège que les parties de la bouche ne sont jamais mangées des vers. Sur la table, où est assis ce parrain, il y a quant-et-quant (c) un grand apprêt de tous les outils qu'il faut à cette opération. Outre cela, un homme tient en ses mains une fiole pleine de vin et un verre.

Il y a aussi un brasier à terre, auquel brasier ce ministre chauffe premièrement ses mains, et puis, trouvant cet enfant tout détroussé (d), comme le parrain le tient sur son giron la tête envers soi, il lui prend son membre, et retire à soi la peau qui est au-dessus, d'une main, poussant de l'autre la gland (e) et le membre au-dedans. Au bout de cette peau qu'il tient vers ladite gland, il met un instrument d'argent qui arrête là cette peau, et empêche que le tranchant ne vienne à offenser la gland et la chair. Après cela d'un couteau, il tranche cette peau, laquelle on enterre soudain dans de la terre, qui est là dans un bassin parmi les autres apprêts de ce mystère. Après cela le ministre vient, à belles ongles, à froisser encore quelque autre petite pellicule qui est sur cette gland et la déchire à force, et la pousse en arrière au-delà de la gland. Il semble qu'il y ait beaucoup d'effort en cela et de douleur: toutefois ils n'y trouvent nul danger, et en est toujours la plaie guérie en quatre ou cinq jours. Le cri de l'enfant est pareil aux nôtres qu'on baptise. Soudain (f) que cette gland est ainsi découverte, on offre hâtivement du vin au ministre qui en met un peu à la bouche, et s'en va ainsi sucer la gland de cet enfant, toute sanglante, et rend le sang qu'il en a retiré, et incontinent reprend autant de vin jusqu'à trois fois. Cela fait on lui offre. dans un petit cornet de papier, d'une poudre rouge qu'ils disent être du sang de dragon (g), de quoi il sale et couvre toute cette plaie, et puis enveloppe bien proprement le membre de cet enfant à tout (h) des linges taillés tout exprès.

Cela fait, on lui donne un verre plein de vin, lequel vin. par quelques oraisons qu'il fait, ils disent qu'il bénit. Il en prend une gorgée, et puis. y trempant le doigt, en porte par trois fois à tout (h) le doigt quelque goutte à sucer en la 'bouche de l'enfant: et ce verre après, en ce même état, on l'envoie à la mère et femmes qui sont en quelque autre endroit du logis, pour boire ce qui reste de vin. Outre cela, un tiers prend un instrument d'argent. rond comme un oeuf (i), qui se tient à une longue queue, lequel instrument est percé de petits trous comme nos cassolettes, et le porte au nez premièrement du ministre, et puis de l'enfant, et puis du parrain: ils présupposent que ce sont des odeurs, pour fortifier et éclaircir les esprits à la dévotion.

(a) Tous sans exception. 
(b) rabbin.
(c) Aussi.
(d) Déshabillé
(e) Nous disons: le; mais Montaigne conserve ordinairement en français le genre des mots latin, comme celui de glans, qui est féminin.
(f) Aussitôt.
(g) Substance résineuse qui découle d'un arbre et dont il y a quatre espèces. 
(h) Avec.
(i) Une balle.

Les notes en italique sont de l'éditeur du manuscrit.

 

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un petit mot d'espoir à propos de la pericope hebdomadaire

14 Juillet 2017 , Rédigé par Jechaiaou Perlenrel Publié dans #Réflexion, #etude bible et talmud

Section Pinh'as

 

« Les grandes pensées ne parlent qu’aux esprits réfléchis, 
mais les grandes actions parlent à toute l’humanité. »
Theodore Roosevelt

 

Voilà deux péricopes successives qui portent le nom d’un individu : Balak la semaine dernière et Pinh’as cette semaine. D’après nos sages cela ne peut que nous interroger sur la comparaison entre ces deux personnalités.

Ces deux personnages sont antinomiques au possible : On voit que Balak, roi de Moav a plein de bonnes idées pour nuire à Israël  mais il n’agit jamais par lui-même ; Quand il se sent menacé politiquement et militairement par l’avancée des hébreux, il essaie de rallier les autres à sa cause : Bilaam et les midianites, afin qu’ils accomplissent le travail a sa place quitte à les rémunérer grassement.

A l’inverse Pinh’as est l’Homme d’action courageux et énergique, qui nous fait penser à tous ces héros israéliens de nos jours, qui ne se sauvent pas en cas d’attentat mais au contraire se précipitent sur le terroriste au peril de leur vie.. Pinh’as ne se cache pas dans son coin dans l’attente de l’intervention de quelqu’un d’autre. Devant la débauche mise en spectacle publiquement, il se dresse, il agit, il tue,il fait ce qu’on attend de lui, avec le sentiment de remplir une mission de sauvetage.

Cette attitude, est exactement celle préconisée par Hilel l’ancien dans les maximes des pères

 במקום שאין אנשים, השתדל ליהות איש " (אבות ב',ה')   

« Là où tu ne trouves pas d’homme à la hauteur, essaie de te montrer un Homme »un « mench » comme on dit là bas ! 


Je pense dans l'actualité récente à deux figures politiques qui ont marqué leur siècle  par leur action déterminée et courageuse et comme par hasard ils sont héritiers de la meilleure culture et tradition juive. 
Il s'agit de Robert Badinter dans sa lutte sans merci contre la peine de mort et de Simone Veil pour son combat sans faille qui a changé la vie des femmes ! L'action d'un homme ou d'
une femme seul peut changer le cours de l'histoire. 
Quand à ceux qui au lieu de prendre leur destin en main, préfèrent essayer de rallier les autres à leur cause, vous aurez reconnu entre autres les palestiniens, toujours avec une nouvelle résolution à proposer à l'ONU ou à l'UNESCO pour condamner et maudire Israël, toujours à essayer de mobiliser les foules et les médias afin de boycotter Israël. 
Alors j'en appelle à vous peuple palestinien ! que l'un d'entre vous, à l'image de Anouar el Sadate par exemple, comprenne qu’on est passé de la paracha de Balak à celle de Pinh'as et qu'ill se dresse avec détermination pour faire une paix juste et durable pour le grand bien des palestiniens et des israéliens pour des générations.

 

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Un mot sur la péricope hebdomadaire (parachat Hachavoua) Section : BALAK

5 Juillet 2017 , Rédigé par Jechaiaou Perlenrel Publié dans #etude bible et talmud, #Réflexion

La solitude d’Israël parmi les nations serait-elle la garante de sa pérennité ?

Dans cette section, Balak , roi de Moav, craignant l’avancée miraculeusement victorieuse des hébreux en route vers la terre de Canaan, fait appel à  Balaam, grand prophète des nations à cette époque ; afin de maudire le people d’Israël.    

Et l’une des prophéties les plus marquantes que Dieu met dans la bouche de Balaam est le fameux :

הן-עם לבדד ישכון, ובגוים לא יתחשב (כ"ג, ט')

Hen am lebadad ichkon, oubagoiim lo yth’achev.

Ce peuple, dans la solitude il s’établit, et parmi les nations il ne sera pas considéré

Le Ridbaz (rabbi Yaakov David Ben Zeev Vilewski   1845-1913) aimait parler dans ses discours de la séparation nécessaire entre Israël et les nations. Il disait qu’Israël était comparé au FEU, comme le dit la Vision d’Obadia  : « La maison de Yakov sera comme un FEU et la maison de Joseph comme une flamme ! ». Et les nations du monde sont comparées à l’EAU : il est écrit dans Isaïe ( XVII, 12) : » Oh ! la multitude innombrable des nations, elles rugissent comme rugissent LES EAUX ».

Et maintenant, Comment ça se passe entre l’eau et le feu ?

Tant qu’il y a une séparation entre l’eau se le feu, par exemple quand l’eau est contenue dans un récipient placé sur le feu, en fin de compte, c’est le feu qui triomphera de l’eau, qui finira par s’évaporer complètement et dont il ne restera rien..

Tandis que lorsque rien ne les sépare, les courants d’eau vont se répandre et finir par éteindre le feu….

Et à  ce propos, le Natsiv (rabbi Naphtali Tzvi Yehouda Berlin 1817-1893) de Volodjin  coupe le verset ainsi:  הן-עם לבדד Si ce peuple recherche la solitude, et s’il ne se met pas à adopter systématiquement les valeurs et coutumes des autres alors  ישכון il s’établira de manière pérenne ;  mais  ובגוים s’il se mélange aux nations, לא יתחשב il n’aura aucune considération à leurs yeux, et ils en viendront à mépriser  toute la spécificité du peuple juif et ce qu’il a pu apporter en progrès au monde.

Pendant deux mille ans de diaspora,on a du lutter de toutes nos forces à chaque instant et en tous lieux contre l'assimilation. Mais depuis 1948, nous avons fait un grand pas pour nous séparer des nations, avec un état, des frontières, une armée, et il n’y a qu’à suivre les incessantes résolutions de l’assemblée générale des nations unis ou de l’UNESCO pour être convaincu de l’isolation du pays d’Israel parmi les nations. Vous comprenez pourquoi il est intéressant de s’interroger sur la « solitude d’Israël ». Depuis sa création, à maintes occasions, l’État juif s’est retrouvé dans une terrible solitude, fustigé par l’ONU, abandonné par l’Europe en voie de se transformer en Eurabia, honni par toutes les gauches octroyant au Palestinien le statut de l’Opprimé par excellence en lieu et place du Prolétaire, vilipendé par les médias qui le stigmatisent comme « l’empêcheur-de-faire-la-paix-en-rond ».

Mais si les autres ont tout fait pour nous isoler, peut-être nous-mêmes aussi sommes-nous allés un peu trop loin ces dernières années dans notre volonté de nous présenter comme un peuple a part עם לבדד, un peu parano, et peu enclin à ouvrir un vrai dialogue non seulement avec nos voisins, mais même avec l’Europe. (un peu d’auto critique ne peut pas faire de mal et je me méfie de ceux qui pensent qu’ils ont toujours raison !)

En tous cas aujourd’hui la solitude exagérée d’Israël parmi les nations m’inquiète, loin de nous avoir renforcé dans notre   établissement géographique dans la région et parmi les nations, nous sommes l’objet d’une campagne internationale de boycott par les mouvements BDS dans le monde tant sur le plan markéting qu’académique,  qui justement méprise  toute la spécificité du peuple juif et ce qu’il a pu apporter en progrès au monde.

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Un petit mot sur la péricope hebdomadaire (parachat Hachavoua) : H’OUKAT hatora Le statut de la loi

28 Juin 2017 , Rédigé par Jechaiaou Perlenrel Publié dans #Réflexion, #etude bible et talmud

 

Argumentum ex silentio

 

Et voilà qu’après la mort de Myriam, par le mérite de laquelle un puit d’eau a accompagné les hébreux pendant les quarante ans du désert, l’eau vint à manquer, et encore une fois les enfants d’Israël se plaignent à Moché. …. Celui-ci reçoit l’ordre de parler au rocher, afin d’en faire sortir par miracle, de quoi abreuver tout Israël.. Mais il se trouve que Moché, au lieu de parler au rocher l’a frappé de son fameux bâton magique! L’eau est bien sortie en abondance, mais Moché et son frère Aharon furent punis pour cela. Ils eurent pour sanction de ne pas entrer en terre d’Israël et de mourir dans le désert

Et les sages de demander : «  On comprend pour Moché qui n’a pas su faire éclater la gloire de Dieu en  réalisant le miracle au niveau voulu, car le bâton de magicien n’est rien en comparaison avec LE LOGOS (La PAROLE !), mais Aharon qu’a-t-il fait dans cette histoire ? » Il est bien dit explicitement que c’est Moché qui a frappé de son bâton le rocher et non Aharon qui ne faisait que l’accompagner comme toujours !

Et les sages (qui aiment bien répondre a leur propre question) de remarquer : « Est-ce que c’est par hasard qu’au verset 11 du chapitre 20 il nous est précisé que Moché a frappé le rocher PAR DEUX FOIS ? est-ce accessoire et sans signification ?» Hé bien la participation d’Aharon à la faute des eaux de discorde, est entièrement cachée dans ce PAR DEUX FOIS.

Si Moché n’avait frappé qu’une fois, il n’y aurait eu aucune raison d’accuser Aharon, celui-ci aurait dû très certainement faire remarquer à son frère que l’ordre qu’ils ont reçu tous les deux (il était là pour ça !) était de PARLER au rocher. Mais voilà il a levé la main une deuxième fois et Aharon au lieu de l’en empêcher a préféré se taire, et donc se rendre complice de la faute. DUR … DUR !!

QUI NE DIT MOT … CONSENT ! (OU NON ?)

Qu’en est-il de ce principe dans notre vie quotidienne ?

En justice pénale, la complicité pour non dénonciation de crimes ou de délits est en général bien admise.

Pour ce qui est du don d’organes, une non expression de sa volonté vaut de plus en plus pour consentement.

En droit contractuel, en matière de consentement, le silence ne vaut pas acceptation. « Qui ne dit mot ne consent pas. »  C’est du moins le principe généralement retenu par la jurisprudence, qui impose à la partie qui se prévaut de stipulations contractuelles de prouver le consentement de son cocontractant. mais « si le silence ne vaut pas à lui seul acceptation, il n’en est pas de même lorsque les circonstances permettent de donner à ce silence la signification d’une acceptation ».ainsi, un contrat d’assurance peut être renouvelé par tacite reconduction.

Il est intéressant de remarquer que l’adage "qui ne dit mot consent" devient une réalité dans l’administration française:

la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec l’administration une nouvelle rédaction de l’article 21 : « Le silence gardé pendant deux mois par l’autorité administrative sur une demande vaut décision d’acceptation. » ce renversement du principe traditionnel, selon lequel le silence gardé par l’administration pendant deux mois vaut rejet, traduit une révolution culturelle puisque désormais l’absence de réponse de l’administration devient créatrice de droits.

Après ces considérations juridiques, dans la vie de tous les jours, le silence vaut il consentement ? Voilà deux conversations :

Reouven: Gad, as tu fais tes devoirs ?

Gad : (silence)

Reouven : ton silence est éloquent, vas vite préparer tes devoirs!

Il y a fort à parier que Reouven a raison.

Mais voyons un autre cas :

Reouven: Gad, es tu d'accord que notre directeur s'est comporté vraiment comme un salaud dans cette affaire avec moi?

Gad: (silence)

Reouven: tu te tais ! tu es donc de mon avis!

Dans ce cas le silence de Gad ne prouve rien du tout . Peut-être  pense t il que le directeur a eu raison, mais qu'il craint la réaction de Reouven, peut être même pense t il que le salaud est cette grosse gueule de Gad, ou peut être ne veut- t il être en rien mêlé à cette histoire...

Donc l'interprétation du silence d'autrui est bien difficile!!

Et pour revenir à la faute de Aharon, si cette explication ne vous satisfait pas, sachez que beaucoup de nos commentateurs pensent que sa mort dans le désert est plus vraisemblablement la punition attendue pour sa participation à la confection du veau d'or ....

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Aphorismes de nos sages

27 Juin 2017 , Rédigé par Jechaiaou Perlenrel Publié dans #Réflexion, #etude bible et talmud

 

L’homme jeune marche plus vite que l’ancien ....

mais les anciens connaissent la route !

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Leçon de vie

13 Juin 2017 Publié dans #Réflexion

  AVOIR  ET   ÊTRE

 

                  Loin des vieux livres de grammaire,

                  Écoutez comment un beau soir,

                  Ma mère m'enseigna les mystères

                  Du verbe être et du verbe avoir.

 

                  Parmi mes meilleurs auxiliaires,

                  Il est deux verbes originaux.

                  Avoir et Être étaient deux frères

                  Que j'ai connus dès le berceau.

 

                  Bien qu'opposés de caractère,

                  On pouvait les croire jumeaux,

                  Tant leur histoire est singulière.

                  Mais ces deux frères étaient rivaux.

 

                  Ce qu'Avoir aurait voulu être

                  Être voulait toujours l'avoir.

                  À ne vouloir ni dieu ni maître,

                  Le verbe Être s'est fait avoir.

 

                  Son frère Avoir était en banque

                  Et faisait un grand numéro,

                  Alors qu'Être, toujours en manque

                  Souffrait beaucoup dans son ego.

 

                  Pendant qu'Être apprenait à lire

                  Et faisait ses humanités,

                  De son côté sans rien lui dire

                  Avoir apprenait à compter.

 

                  Et il amassait des fortunes

                  En avoirs, en liquidités,

                  Pendant qu'Être, un peu dans la lune

                  S'était laissé déposséder.

 

            

                 Avoir était ostentatoire

                  Lorsqu'il se montrait généreux,

                  Être en revanche, et c'est notoire,

                 Est bien souvent présomptueux.

 

                  Avoir voyage en classe Affaires.

                  Il met tous ses titres à l'abri.

                  Alors qu'Être est plus débonnaire,

                  Il ne gardera rien pour lui.

 

 

                  Sa richesse est tout intérieure,

                  Ce sont les choses de l'esprit.

                  Le verbe Être est tout en pudeur

                  Et sa noblesse est à ce prix.

 

                  Un jour à force de chimères

                  Pour parvenir à un accord,

                  Entre verbes ça peut se faire,

                  Ils conjuguèrent leurs efforts.

 

                  Et pour ne pas perdre la face

                  Au milieu des mots rassemblés,

                  Ils se sont répartis les tâches

                  Pour enfin se réconcilier.

 

                  Le verbe Avoir a besoin d'Être

                  Parce qu'être, c'est exister.

                  Le verbe Être a besoin d'avoirs

                  Pour enrichir ses bons côtés.

 

                  Et de palabres interminables

                  En arguties alambiquées,

                 Nos deux frères inséparables

                  Ont pu être et avoir été.

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