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Un petit mot sur la péricope hebdomadaire (parachat Hachavoua) : H’OUKAT hatora Le statut de la loi

28 Juin 2017 , Rédigé par Jechaiaou Perlenrel Publié dans #Réflexion, #etude bible et talmud

 

Argumentum ex silentio

 

Et voilà qu’après la mort de Myriam, par le mérite de laquelle un puit d’eau a accompagné les hébreux pendant les quarante ans du désert, l’eau vint à manquer, et encore une fois les enfants d’Israël se plaignent à Moché. …. Celui-ci reçoit l’ordre de parler au rocher, afin d’en faire sortir par miracle, de quoi abreuver tout Israël.. Mais il se trouve que Moché, au lieu de parler au rocher l’a frappé de son fameux bâton magique! L’eau est bien sortie en abondance, mais Moché et son frère Aharon furent punis pour cela. Ils eurent pour sanction de ne pas entrer en terre d’Israël et de mourir dans le désert

Et les sages de demander : «  On comprend pour Moché qui n’a pas su faire éclater la gloire de Dieu en  réalisant le miracle au niveau voulu, car le bâton de magicien n’est rien en comparaison avec LE LOGOS (La PAROLE !), mais Aharon qu’a-t-il fait dans cette histoire ? » Il est bien dit explicitement que c’est Moché qui a frappé de son bâton le rocher et non Aharon qui ne faisait que l’accompagner comme toujours !

Et les sages (qui aiment bien répondre a leur propre question) de remarquer : « Est-ce que c’est par hasard qu’au verset 11 du chapitre 20 il nous est précisé que Moché a frappé le rocher PAR DEUX FOIS ? est-ce accessoire et sans signification ?» Hé bien la participation d’Aharon à la faute des eaux de discorde, est entièrement cachée dans ce PAR DEUX FOIS.

Si Moché n’avait frappé qu’une fois, il n’y aurait eu aucune raison d’accuser Aharon, celui-ci aurait dû très certainement faire remarquer à son frère que l’ordre qu’ils ont reçu tous les deux (il était là pour ça !) était de PARLER au rocher. Mais voilà il a levé la main une deuxième fois et Aharon au lieu de l’en empêcher a préféré se taire, et donc se rendre complice de la faute. DUR … DUR !!

QUI NE DIT MOT … CONSENT ! (OU NON ?)

Qu’en est-il de ce principe dans notre vie quotidienne ?

En justice pénale, la complicité pour non dénonciation de crimes ou de délits est en général bien admise.

Pour ce qui est du don d’organes, une non expression de sa volonté vaut de plus en plus pour consentement.

En droit contractuel, en matière de consentement, le silence ne vaut pas acceptation. « Qui ne dit mot ne consent pas. »  C’est du moins le principe généralement retenu par la jurisprudence, qui impose à la partie qui se prévaut de stipulations contractuelles de prouver le consentement de son cocontractant. mais « si le silence ne vaut pas à lui seul acceptation, il n’en est pas de même lorsque les circonstances permettent de donner à ce silence la signification d’une acceptation ».ainsi, un contrat d’assurance peut être renouvelé par tacite reconduction.

Il est intéressant de remarquer que l’adage "qui ne dit mot consent" devient une réalité dans l’administration française:

la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec l’administration une nouvelle rédaction de l’article 21 : « Le silence gardé pendant deux mois par l’autorité administrative sur une demande vaut décision d’acceptation. » ce renversement du principe traditionnel, selon lequel le silence gardé par l’administration pendant deux mois vaut rejet, traduit une révolution culturelle puisque désormais l’absence de réponse de l’administration devient créatrice de droits.

Après ces considérations juridiques, dans la vie de tous les jours, le silence vaut il consentement ? Voilà deux conversations :

Reouven: Gad, as tu fais tes devoirs ?

Gad : (silence)

Reouven : ton silence est éloquent, vas vite préparer tes devoirs!

Il y a fort à parier que Reouven a raison.

Mais voyons un autre cas :

Reouven: Gad, es tu d'accord que notre directeur s'est comporté vraiment comme un salaud dans cette affaire avec moi?

Gad: (silence)

Reouven: tu te tais ! tu es donc de mon avis!

Dans ce cas le silence de Gad ne prouve rien du tout . Peut-être  pense t il que le directeur a eu raison, mais qu'il craint la réaction de Reouven, peut être même pense t il que le salaud est cette grosse gueule de Gad, ou peut être ne veut- t il être en rien mêlé à cette histoire...

Donc l'interprétation du silence d'autrui est bien difficile!!

Et pour revenir à la faute de Aharon, si cette explication ne vous satisfait pas, sachez que beaucoup de nos commentateurs pensent que sa mort dans le désert est plus vraisemblablement la punition attendue pour sa participation à la confection du veau d'or ....

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